
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
Le sujet de la ménopause n’est pas un sujet sexy, la société l’a bien intégré, et depuis longtemps. Cette période de la vie des femmes est plutôt passée sous silence, ou si elle est évoquée, c’est dans un brouhaha d’idées reçues, de symptômes souvent moqués ou de discours anxiogènes.
Pourtant, la ménopause qui concerne près de 14 millions de femmes en France mérite largement d’être expliquée et démystifiée pour que les femmes et leur entourage puissent mieux comprendre les petits et grands bouleversements, parfois déstabilisants, qui peuvent arriver pendant cette transition.
De plus, je voudrais évoquer une chose fondamentale : les symptômes liés à la ménopause sont d’abord très différemment vécus et ensuite, ils ne sont pas une fatalité. Ils procèdent d’une transition physiologique naturelle, autrement dit c’est une nouvelle étape de la vie hormonale féminine. Comme chaque femme est différente, il existe autant de ménopauses que d’histoires de femmes, et autant de particularités à prendre en compte pour trouver les solutions qui vont rendre cette période plus facile à vivre.
Dans cet article, je vous propose de faire une exploration des mécanismes qui régissent les modifications qui s’opèrent dans ce deuxième âge de la femme, puis de comprendre qu’il existe des règles d’hygiène de vie simples à mettre en place pour retrouver plus vite son équilibre et profiter de sa deuxième vie non seulement libérée du poids des règles, mais aussi des symptômes qui entravent le retour à la sérénité.
On situe généralement l’âge moyen de la ménopause autour de 50–51 ans, mais les changements hormonaux commencent bien plus tôt. Beaucoup de femmes sont surprises d’apprendre que les premiers signes peuvent apparaître dès la quarantaine. En effet, on ne leur a pas expliqué la liste des symptômes qui sont susceptibles d’arriver pendant la phase de préparation et d’adaptation lente de leur corps à ne plus avoir de cycles.
En effet, la ménopause n’arrive pas “d’un coup”. Elle s’installe progressivement, en plusieurs étapes, qui s’étalent sur plusieurs années.
La préménopause débute très souvent autour de 45 ans, parfois plus tôt. Les cycles sont encore présents, mais les hormones commencent à fluctuer. Certaines femmes remarquent des règles légèrement différentes, un syndrome prémenstruel plus marqué, une fatigue inhabituelle ou une sensibilité émotionnelle accrue. Ce sont des signaux souvent discrets, mais révélateurs.
C’est souvent la phase la plus inconfortable. Les cycles deviennent irréguliers, parfois très espacés, parfois rapprochés. Les hormones jouent au yo-yo, et les symptômes peuvent s’intensifier : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, variations de l’humeur, anxiété, prise de poids inexpliquée. Cette période de transition peut durer plusieurs années.
On parle officiellement de ménopause lorsqu’il n’y a plus eu de règles depuis 12 mois consécutifs. Les ovaires cessent alors leur activité hormonale. Les hormones se stabilisent à un niveau plus bas, et certains symptômes peuvent s’atténuer… tandis que d’autres apparaissent ou persistent.
Puisque notre formidable machine humaine tend toujours à rétablir son équilibre, avec l’arrêt progressif de la production d’œstrogènes et de progestérone, tout l’organisme va progressivement s’adapter. Et contrairement à ce que l’on entend souvent, ce n’est pas la survenue de l’âge en soi qui provoque les symptômes, mais l’adaptation hormonale.
Il faut bien intégrer cette règle physiologique : les hormones agissent dans l’ensemble du corps pour réguler cerveau, os, cœur, peau, articulations, muqueuses, système nerveux… Lorsque leur taux change, les tissus qui en dépendent répondent en conséquence, et c’est ce qui explique la grande diversité des symptômes.
Les fameuses bouffées de chaleur sont les manifestations auxquelles tout le monde pense spontanément, mais elles sont loin d’être les seules. Certaines femmes voient leur sommeil détraqué, se sentent “dans le brouillard”, moins concentrées, plus irritables ou émotionnellement fragiles. D’autres vont souffrir de douleurs articulaires, de sécheresse intime, de cystites à répétition ou de fatigue persistante.
Ces manifestations peuvent être déroutantes, surtout lorsqu’elles surviennent sans explication claire. Beaucoup de femmes se demandent alors si ce qu’elles vivent est normal et si elles ont encore la maîtrise d’elles-même. Elles peuvent être amenées à penser qu’elles devront désormais faire avec ces nouveaux handicaps. Pourtant, ces symptômes ne sont pas une fatalité.
D’un point de vue naturopathique et fonctionnel, on a cartographié différents profils hormonaux de la ménopause. Certaines femmes subissent surtout les symptômes de la carence en œstrogènes, avec des bouffées de chaleur intenses et une grande sécheresse de tissus. D’autres présentent plutôt des signes de dominance œstrogénique relative, avec rétention d’eau, prise de poids ou sensibilité mammaire. Plus rarement, elles vivront les affres d’un déséquilibre androgénique peut se manifester par des problèmes de peau ou de cheveux.
Se faire accompagner pour réussir à identifier son profil permet de mieux comprendre ce qui se joue et surtout d’adapter les solutions. C’est l’une des clés d’une prise en charge efficace.
Traitement hormonal ou solutions naturelles : faut-il choisir ?
Le traitement hormonal substitutif (THS) a eu très mauvaise réputation, n’est pas adaptée à toutes, et en ce sens il peut faire peur à de nombreuses femmes. Pourtant, il existe de nombreux témoignages de personnes qui ont vu leur confort de vie s’améliorer grandement grâce à lui. Mon avis est que lorsqu’il est bien prescrit, au bon moment et avec des formes adaptées, il peut constituer une option intéressante. A condition que cela soit présenté comme une des alternatives et que ça reste au libre choix des patientes.
L’approche naturelle, quant à elle, a toute sa place, que ce soit en première intention pour des symptômes légers à modérés, en complément d’un traitement hormonal, ou dans une démarche de prévention à long terme. Alimentation, gestion du stress, activité physique, phytothérapie et hygiène de vie constituent un socle fondamental, quelle que soit l’option choisie.
Il ne s’agit pas d’opposer les approches, mais de les adapter à chaque femme, à son histoire, à ses symptômes et à ses besoins. Je remarque cependant que peu de gynécologues ont une approche intégrative quand ils voient des femmes dans ces tranches d’âge arriver dans leur cabinet. La faute à un défaut de formation ?
Pourquoi se faire accompagner dès 45 ans ?
Consulter avant ou dès les premiers signes permet d’anticiper plutôt que de subir. Un accompagnement personnalisé aide à comprendre la phase dans laquelle on se situe, à identifier les déséquilibres, et à mettre en place des actions correctives progressives et réalistes.
Un autre message important que je veux faire passer est que la ménopause est aussi une période clé pour la prévention : santé osseuse, cardiovasculaire, cognitive, équilibre émotionnel. Agir tôt permet de préserver sa vitalité et son confort de vie sur le long terme. Trop de femmes ont vécu des moments de doute dans leur vie professionnelle, mais aussi personnelle, avec parfois des problèmes dans leur couple, alors qu’avec une meilleure information, elles auraient compris qu’elles avaient des solutions pour les aider dans ce qui n’est qu’une transition et que leurs symptômes étaient la conséquence de mécanismes réels physiologiques.
La ménopause n’est pas une fin, mais une transformation. Lorsqu’elle est comprise et accompagnée, elle peut devenir une période de recentrage,de reconnexion à soi et à ses besoins. Mieux se connaître, écouter son corps, ralentir parfois, changer certaines habitudes… Cette transition peut devenir une véritable opportunité de prendre soin de soi autrement.
Pourtant, cette période reste encore trop souvent taboue, notamment dans le monde professionnel, alors même que ses effets peuvent impacter le quotidien, la concentration, la fatigue, les relations ou la confiance en soi.
Au-delà de l’accompagnement individuel, j’aimerais que la ménopause soit prise en compte comme une véritable question de santé publique et de qualité de vie au travail. Informer, expliquer et normaliser ce sujet permettrait de mieux comprendre ce que vivent de nombreuses femmes, mais aussi de créer des environnements plus bienveillants et inclusifs.
C’est dans cette optique que j’interviens également en tant que conférencière en entreprise, auprès de publics variés, pour sensibiliser aux grandes thématiques de santé naturelle : équilibre hormonal, gestion du stress, prévention de l’épuisement… et bien sûr, la ménopause.
Ces conférences ont pour objectif de dédramatiser, de transmettre des clés de compréhension simples et accessibles, et d’ouvrir le dialogue autour de sujets encore trop souvent passés sous silence.
Que ce soit en consultation individuelle ou lors d’interventions en entreprise, mon approche reste la même : pédagogique, résolument humaine et personnalisée. Chaque personne, chaque parcours et chaque contexte professionnel ou personnel sont uniques.
Je vous invite à me contacter pour en discuter et construire ensemble une intervention au format qui vous convient ou un accompagnement adapté à vos besoins.
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