
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
Vous vous sentez fatigué ? Vous souffrez de troubles digestifs qui vous perturbent depuis longtemps ? Votre système immunitaire semble faire grève ? Ces signes, assez peu spécifiques, peuvent être les témoins d’une inflammation dite "de bas grade" qui peut faire le lit de certaines maladies.
Je vous propose ici des clés pour savoir l’identifier, en comprendre les causes et les conséquences, pour vous aider à mieux la prévenir.
L’inflammation est une réaction normale et essentielle de défense du corps : lorsqu’on se blesse, qu’un microbe attaque ou qu’une toxine arrive, le système immunitaire met en place une réponse inflammatoire pour réparer et protéger.
Mais lorsqu’elle persiste dans le temps à un niveau faible mais constant, elle devient ce qu’on appelle une inflammation de bas grade, silencieuse et insidieuse. Ce n’est pas une maladie en soi, mais plutôt un terrain inflammatoire permanent qui pèse sur l’équilibre de l’organisme et favorise l’apparition de nombreuses pathologies modernes.
Contrairement à l’inflammation aiguë qui se manifeste par de la douleur, rougeur ou chaleur, l’inflammation de bas grade :
Le cœur de l’inflammation de bas grade est une activation continue du système immunitaire : il se croit menacé alors qu’il n’y a pas de danger aigu réel. Cela entretient une production lente mais constante de molécules inflammatoires dans le corps.
Nos modes alimentaires modernes jouent un rôle majeur :
Une grande partie du système immunitaire est située autour de l’intestin. Un déséquilibre du microbiote (dysbiose) ou une perméabilité intestinale accrue permet à des molécules indésirables de passer dans la circulation, stimulant encore le système immunitaire.
Le stress prolongé active de façon continue l’axe hormonal du stress et augmente le cortisol, ce qui perturbe la régulation de l’immunité. Un sommeil insuffisant aggrave encore ce déséquilibre.
Le manque d’activité physique diminue la régulation des processus inflammatoires, alors que le tissu adipeux excédentaire, notamment autour de l’abdomen, sécrète des substances pro inflammatoires.
La pollution de l’air, les pesticides, les perturbateurs endocriniens, le tabac ou certains médicaments imposent un stress oxydatif et inflammatoire chronique.
Même si elle reste silencieuse, cette inflammation chronique agit comme une flamme qui ronge lentement le corps. Elle contribue à :
Cette inflammation de bas grade est aujourd’hui considérée comme un facteur de risque majeur de nombreuses maladies « de civilisation ».
Bien que l’inflammation de bas grade ne se manifeste pas toujours par des douleurs évidentes, certains signaux peuvent indiquer qu’elle est présente :
Une alimentation riche en vrais aliments, fibres, oméga-3, antioxydants et phytonutriments aide à rééquilibrer le terrain et à nourrir un microbiote sain. Concrètement :
L’activité physique modérée mais régulière agit comme un anti-inflammatoire naturel :
Des pratiques comme la respiration profonde, la méditation ou simplement des routines de détente le soir aident à réguler les hormones de stress et l’inflammation associée.
Consommer des fibres, des prébiotiques et des probiotiques (aliments fermentés) favorise un microbiote équilibré, essentiel à une meilleure régulation immunitaire.
Limiter l’exposition à la pollution, arrêter le tabac, choisir des produits moins transformés et filtrer l’eau sont des moyens simples pour diminuer la charge toxique globale.
Parce que l'inflammation de bas grade est silencieuse, il peut être utile de la mesurer objectivement grâce à des analyses sanguines que vous pouvez demander à votre médecin. Plusieurs marqueurs biologiques permettent d'évaluer l'état inflammatoire de l'organisme et de suivre son évolution dans le temps.
La CRP ultrasensible (protéine C-réactive)
La CRP est une protéine produite par le foie en réponse à l'inflammation. Son dosage ultrasensible (hs-CRP) permet de détecter même de faibles niveaux d'inflammation chronique. Un taux élevé de CRP ultrasensible, même en l'absence de symptômes, est associé à un risque accru de maladies cardiovasculaires et métaboliques. C'est l'un des marqueurs les plus utilisés pour évaluer l'inflammation de bas grade.
La ferritine sérique
La ferritine est la protéine responsable du stockage du fer dans l'organisme, capable de stocker jusqu'à 4 500 atomes de fer par protéine. Mais la ferritine est également une protéine de la réaction inflammatoire : sa présence anormalement élevée dans le sang peut donc refléter non seulement l'état des réserves en fer, mais aussi un état inflammatoire chronique.
Il est important de savoir qu'une ferritine élevée ne traduit pas forcément une surcharge en fer. Elle peut être la conséquence d'une inflammation chronique, d'un alcoolisme chronique, d'un syndrome métabolique ou d'un événement traumatisant ayant conduit à une destruction cellulaire. C'est pourquoi, en cas de ferritine élevée, il est recommandé de vérifier également d'autres marqueurs (comme le coefficient de saturation de la transferrine) pour distinguer une vraie surcharge en fer d'une simple élévation liée à l'inflammation.
Le ratio oméga-6/oméga-3
Ce ratio reflète l'équilibre entre acides gras pro-inflammatoires (oméga-6) et anti-inflammatoires (oméga-3) dans l'organisme. Un ratio déséquilibré, trop riche en oméga-6, favorise un terrain inflammatoire. L'idéal serait un ratio proche de 3:1 ou 5:1, alors que l'alimentation moderne conduit souvent à des ratios de 15:1 voire 20:1.
Les cytokines pro-inflammatoires
Des molécules comme l'interleukine-6 (IL-6) ou le TNF-alpha (facteur de nécrose tumorale) sont des messagers de l'inflammation. Leur dosage, bien que moins courant en pratique clinique de routine, peut être utile dans certains contextes pour affiner l'évaluation de l'état inflammatoire.
Quand et comment faire ces dosages ?
Si vous présentez des signes évocateurs d'inflammation de bas grade (fatigue chronique, troubles métaboliques, douleurs diffuses), parlez-en à votre médecin généraliste. Un bilan sanguin simple comprenant au minimum la CRP ultrasensible et la ferritine peut déjà donner de précieuses indications. En fonction des résultats et de votre situation, le professionnel de santé pourra vous orienter vers des examens complémentaires, et le naturopathe proposera des ajustements de mode de vie ciblés.
L’inflammation de bas grade n’est pas une fatalité. C’est une réponse adaptative qui s’est installée dans le temps, souvent à cause de notre mode de vie moderne. Mais la bonne nouvelle, c'est qu'en travaillant sur l’alimentation, l’activité, le stress et l’environnement, il est possible de réduire ce feu silencieux et de soutenir durablement sa santé. Le tout est d'être bien accompagné par un duo médecin / naturopathe qui s'appliquera à vous redonner une meilleure qualité de vie 🌿
L’inflammation de bas grade est une inflammation chronique, silencieuse et de faible intensité.
Contrairement à l’inflammation aiguë (rougeur, douleur, gonflement), elle ne provoque pas de symptômes francs, mais elle fatigue l’organisme en continu et perturbe ses capacités d’adaptation.
Parce qu’elle ne s’exprime pas par des signes évidents. Elle peut s’installer pendant des mois ou des années sans être identifiée, tout en contribuant progressivement à des troubles métaboliques, digestifs, articulaires, hormonaux ou neurologiques.
Non.
L’inflammation est un mécanisme indispensable à la survie : elle permet de réparer les tissus, de détecter et combattre les infections et de maintenir l’équilibre du corps.
C’est lorsqu’elle devient permanente, sans phase de résolution, qu’elle devient problématique.
Les causes sont rarement uniques. Il s’agit le plus souvent d’une accumulation de facteurs :
Le système immunitaire utilise l’inflammation comme instrument de défense.
Lorsque l’organisme est exposé en permanence à des agressions (alimentaires, psychologiques, environnementales), le système immunitaire reste activé en continu, entretenant une production constante de molécules inflammatoires.
Les cellules de l'immunité peuvent alors s'attaquer spécifiquement à des tissus ou organes et déclencher des maladies qu'on appelle "auto immunes" ou des maladies "auto-inflammatoires". Ces maladies sont par exemple la thyroïdite d'Hashimoto (maladie de la thyroïde), la polyarthrite rhumatoïde qui affecte la membrane qui entoure les articulations ou la maladie de Crohn qui touche le tube digestif.
Le rôle de l’intestin est central :
C’est pourquoi on parle souvent de l’intestin comme d’un chef d’orchestre de l’inflammation.
Oui tout à fait.
On parle de neuro-inflammation lorsque certaines structures cérébrales sont touchées.
Elle est associée à :
L’axe intestin–cerveau joue ici un rôle majeur.
Même si l'inflammation chronique est silencieuse, certains signaux peuvent orienter :
Ces signes ne sont pas spécifiques, mais leur association peut être parlante.
Oui, certains marqueurs biologiques peuvent donner des indications :
glycémie, insuline, triglycérides
Ces données doivent toujours être interprétées dans un contexte global, pas isolément.
Oui, c’est l’un des leviers les plus puissants.
Une alimentation majoritairement composée d’aliments bruts, riches en légumes, fibres, antioxydants, oméga-3 et aromates favorise un terrain anti-inflammatoire.
Ce n’est pas un aliment isolé qui fait la différence, mais la cohérence globale.
Pas nécessairement.
L’objectif est surtout de :
En naturopathie, on privilégie une approche individualisée, progressive et non culpabilisante.
Oui ! mais s’il est adapté.
On parle souvent d’une courbe en J entre sport et inflammation.
Oui.
Un stress chronique maintient des taux élevés d’hormones de stress, ce qui favorise :
La gestion du stress est donc un pilier à part entière de la prévention.
Les questions qu'on pose lors du bilan naturopathique permettent d'adapter les outils de gestion du stress à la personnalité du client, car, et si je prends par exemple la méditation, nous ne sommes pas tous capables de profiter de ses bienfaits du jour au lendemain.
Absolument.
Les effets les plus durables viennent souvent de petits changements réguliers :
C’est l’accumulation d’actions anti-inflammatoires qui fera la différence.
Un accompagnement par un naturopathe bien formé permet :
L’objectif n’est pas de lutter contre son corps, mais de l’aider à retrouver progressivement sa capacité naturelle d’équilibre 🌿
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