
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
L’endométriose touche des millions de femmes dans le monde, souvent dans le silence et l’incompréhension. Derrière cette maladie gynécologique complexe se cachent des douleurs intenses, un diagnostic souvent tardif, un parcours médical long et des impacts profonds sur la vie quotidienne. Mieux comprendre son fonctionnement, les solutions médicales et les approches naturelles complémentaires qui existent permet d’envisager un accompagnement global, plus doux et plus respectueux, en individualisant la méthode car chaque femme vit sa maladie de façon unique.
Touchant entre 10 et 15% des femmes en âge de procréer, l’endométriose est une maladie gynécologique chronique et complexe. Elle se caractérise par la présence de tissu semblable à celui de l’endomètre (la muqueuse utérine) en dehors de la cavité utérine, sur des organes voisins comme les ovaires, le rectum, la vessie ou les ligaments pelviens.
Sous l’influence des hormones du cycle menstruel, ces tissus « déplacés » réagissent comme l’endomètre intra-utérin : ils s’épaississent, saignent et provoquent une inflammation locale, responsable de douleurs souvent intenses.
Ces douleurs pelviennes, parfois invalidantes, peuvent s’accompagner de troubles digestifs, urinaires ou de la fertilité. La femme atteinte d'endométriose peut aussi souffrir de SOPK, sans qu'il y a de lien entre les deux pathologies, rendant le quotidien encore plus pénible.
Au-delà des symptômes physiques, on comprend bien que cette maladie affecte profondément la qualité de vie et l’équilibre émotionnel des femmes qui en souffrent. L’incompréhension du corps médical qui évolue mais... lentement..., le retard diagnostic et le vécu de la douleur chronique nourrissent bien souvent un sentiment d’isolement et de perte de confiance en soi.
L’origine exacte de l’endométriose reste discutée.
L’hypothèse la plus courante repose sur le phénomène de menstruations rétrogrades : des fragments d’endomètre remonteraient dans la cavité pelvienne via les trompes de Fallope, où ils s’implanteraient.
D’autres facteurs semblent intervenir :
Des études récentes suggèrent l’implication du microbiote utérin : la présence de la bactérie Fusobacterium a été observée chez plus de 60 % des femmes souffrant d’endométriose, contre moins de 10 % des femmes témoins.
Cette piste ouvre la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques, notamment à base de traitements anti-infectieux ciblés.
Le délai moyen de diagnostic reste de 7 à 10 ans après l’apparition des premiers symptômes.
Les douleurs menstruelles sont souvent banalisées, et la maladie mal connue du corps médical.
Les avancées de l’imagerie, notamment l’échographie pelvienne par voie vaginale et l’IRM, permettent aujourd’hui un diagnostic non chirurgical. La cœlioscopie, autrefois systématique, n’est heureusement plus nécessaire pour identifier les lésions.
On distingue trois grands types de lésions :
La prise en charge doit être personnalisée selon le profil et les besoins de chaque femme.
Ils représentent l’option de première intention proposée aux femmes n’ayant pas de désir de grossesse immédiat. Ces traitements sont assez radicaux puisqu'ils visent à bloquer les cycles hormonaux pour limiter l’inflammation et la douleur. Cette mise en "ménopause artificielle" peut être plus ou moins bien vécue par les patientes. Cela doit rester une option que chacune peut choisir librement.
Les traitements hormonaux se sont pas adaptés aux femmes qui ont des antécédents de cancer hormonaux dépendants. Elles doivent se tourner vers d'autres techniques plus naturelles (voir plus bas).
En cas d’infertilité ou de lésions sévères, une chirurgie conservatrice peut être envisagée.
L’assistance médicale à la procréation (AMP) reste une option possible, même sans chirurgie préalable.
Aujourd’hui, la chirurgie n’est plus considérée comme un traitement systématique, mais comme une décision ciblée et réfléchie.
La gestion de l’endométriose implique souvent une équipe multidisciplinaire : gynécologue, radiologue, kinésithérapeute, psychologue, ostéopathe ou nutritionniste.
Cette approche intégrée améliore le confort et la qualité de vie des patientes sur le long terme.
Selon la HAS (Haute Autorité de Santé), des méthodes non médicamenteuses comme l’acupuncture, l’ostéopathie, le yoga ou la relaxation peuvent apporter un soutien précieux dans la gestion de la douleur et du stress.
La naturopathie peut accompagner les femmes dans la compréhension et l’écoute de ce qui se passe dans leur corps, tout en soutenant les mécanismes naturels d’équilibre (homéostasie) et de réparation.
Quelques axes d'action possibles :
Ces approches ne remplacent pas un suivi médical, mais elles participent à une vision globale et préventive de la santé. Le partenariat médecin allopathique et thérapies alternatives est l'équation qui, pour moi, est la plus gagnante.
L’endométriose est une maladie chronique et inflammatoire complexe, qui dépasse la sphère gynécologique pour toucher l’ensemble du corps et du vécu de la femme.
Les avancées diagnostiques et thérapeutiques permettent aujourd’hui une meilleure connaissance (et reconnaissance) de la maladie. On aimerait toutes que la recherche progresse plus vite.
En attendant il faut travailler à enrichir la liste des remèdes et des outils dans le but d'individualiser les approches pour que chacune trouve l'accompagnement qui lui conviendra le mieux.
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