
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
Il arrive assez souvent de voir en rendez-vous des personnes qui, malgré des symptômes chroniques ou une fatigue chronique, ont des résultats d'analyses de sang dit "normaux". Lors du bilan que je propose, mon enquête va tenter de mettre en lumière les indices qui peuvent identifier les causes de ces maux qui passent inaperçus dans les analyses biologiques.
On est nombreux à avoir vécu cette situation : faire un bilan sanguin quand on sent que quelque chose cloche, mais on ne sait pas quoi. Les résultats reviennent et le médecin ne fait que confirmer que « tout est dans les normes ». Nous demeurons alors sans réponse.
Trop de personnes continuent à avoir des symptômes sans en identifier la cause, à se sentir épuisées, anxieuses ou en perte d’énergie. Ils ne savent plus vraiment à qui s'adresser. En cela, l'approche fonctionnelle peut être très précieuse.
En effet, en naturopathie, ainsi qu'en médecine fonctionnelle, on sait qu’il existe une grande différence entre des normes de laboratoire et des valeurs réellement optimales pour la santé.
Voici, à titre d'illustration, 9 signaux fréquents qui montrent que des analyses dites « normales » peuvent, en réalité, montrer des signes de certains déséquilibres qu'il faudrait prendre en compte pour faire une enquête plus poussée.
Une TSH est souvent considérée comme normale tant qu’elle se situe dans les intervalles de référence du laboratoire. Pourtant :
Surtout, une lecture de TSH seule ne suffit pas. Sans T3 libre, T4 libre, rT3 et parfois les anticorps thyroïdiens, il est impossible de comprendre réellement le fonctionnement de la thyroïde.
Une B12 autour de 300 pg/mL est souvent jugée correcte. Pourtant :
Ces symptômes sont : fatigue, troubles de la mémoire, brouillard mental ou fourmillements. Ils sont fréquents à ces niveaux dits « normaux ». Le problème est qu'ils sont multifactoriels.
Un taux de vitamine D à 30 ng/mL est considéré comme suffisant selon d’anciennes recommandations.
Mais ce seuil :
Pour une bonne immunité, une énergie stable et un terrain anti-inflammatoire, on vise plutôt 60 à 80 ng/mL, voire davantage dans certaines maladies auto-immunes.
On vous dit souvent : « pas d’anémie, tout va bien ». Pourtant :
Le coefficient de saturation de la transferrine est un marqueur souvent plus pertinent que la ferritine seule.
L'évaluation du fer, ce n’est pas juste regarder un indicateur sur une prise de sang pour voir la quantité de fer présente dans l’organisme. C’est tout un système de transport, de stockage et de régulation qu'il faut regarder.
🔍 Quelques repères simples pour comprendre :
➡️ Le fer sérique. C’est le fer qui circule à l’instant T. Il peut varier énormément d’un jour à l’autre → peu fiable seul.
➡️ La transferrine. Ce sont les “camions” qui transportent le fer. S’il n’y a pas assez de transporteurs, le fer n’arrive pas aux tissus.
➡️ Le coefficient de saturation (CST). C’est le taux de remplissage des camions. Camions présents mais à moitié vides = problème fonctionnel.
➡️ La ferritine, quand à elle, c’est le stock de molécules de fer mesuré dans le sang.
➡️ CRP & hepcidine. En cas d’inflammation, le corps peut volontairement bloquer l’absorption et la libération du fer. Le fer est là… mais il n’est plus accessible.
On comprend alors mieux qu'une ferritine “dans les normes” peut être insuffisante selon le contexte, la présence en nombre des transporteurs, les pertes, le métabolisme et les besoins.
Le niveau de fer se lit globalement : on regardera dans le détail la digestion, les pertes possibles (règles abondantes, cycles courts), l'inflammation, l'intestin et les besoins réels.
Au-delà de 200 µg/L chez la femme ou 300 µg/L chez l’homme, une ferritine élevée nécessite des investigations complémentaires. L'hyperferritinémie est signe que le foie ne peut absorber plus de fer et qu'il est potentiellement en surcharge. C'est nocif pour la santé et ça peut provoquer à terme une surcharge en fer toxique pour le foie et d'autres organes. Mieux vaut le déceler au plus tôt.
Un taux de ferritine élevé est souvent lié à un syndrome métabolique, mais il peut aussi résulter de causes telles que l'alcoolisme chronique, l’hémochromatose héréditaire, les maladies hépatique, les transfusions fréquentes... ou certaines inflammations.
Si vous avez des symptômes qui incluent fatigue persistante, douleurs articulaires, troubles cardiaques, parlez-en à votre médecin.
La glycémie à jeun est normale ? Très bien. Mais sans indice HOMA (homeostasis model assessment), on passe souvent à côté d’une résistance à l’insuline débutante, pourtant responsable :
C'est pourquoi en cas de doute sur votre efficacité métabolique (en cas de prise de poids importante ou difficulté à en perdre), il conviendra de mesurer aussi l'insulinémie en mUI/l ou µUI/ml et de rapport entre glycémie et insulinémie. Un indice HOMA supérieur à 2,4 sera signe d’une insulinorésistance, à confirmer par votre médecin qui, lui seul, peut faire un diagnostic.
Un dosage du cortisol à 8h au laboratoire donne une information très partielle pour vérifier si le corps fabrique les bons niveaux de cortisol sur toute une journée. En effet, il faut pouvoir comprendre ces différents phénomènes :
Un profil salivaire du cortisol sur 24h est plus pertinent, mais je recommande de l'évaluer le matin et l'après-midi ou le soir (entre 16h00 et 20h00).
En dehors des infections aiguës, l’inflammation est rarement explorée en profondeur. Pourtant, des marqueurs comme :
permettent de détecter une inflammation chronique silencieuse, invisible sur une simple numération sanguine.
Ballonnements, troubles digestifs, hypersensibilités alimentaires, fatigue chronique, anxiété… sont très peu évoqués lorsqu'on va consulter pour une fatigue chronique. Et pourtant, en enquêtant sur le consultant, on peut avoir de précieux indices sur :
Or, l’intestin est non seulement au cœur de notre immunité, mais aussi de notre énergie et de notre équilibre nerveux.
Une B12 limite.
Une ferritine dans la fourchette.
Une thyroïde « dans les normes ».
Pris isolément, ces indices ne sont pas alarmants.
Par contre, pris ensemble, en complément d'un entretien de bilan comme peut le faire le naturopathe qui y consacre au minimum 1h30, on peut faire l'hypothèse bien étayée d'un terrain d’épuisement chronique.
Certaines analyses, même sans ordonnance et à votre charge, peuvent parfois être déterminantes.
Vous avez le droit de vous poser des questions.
Non, vous n’êtes pas "trop stressé", trop exigeant. Vous pouvez voir passer les années sans attendre de subir une dégradation de votre santé que l'on a tendance, dans notre société, à considérer comme inéluctable.
Vous êtes simplement suivi dans un système conçu pour exclure les pathologies graves. Certes, la médecin allopathique est extrêmement précieuse pour faire les diagnostics précis et pour traiter les maladies, mais pour optimiser la santé, l’énergie, faire acte de prévention et de préservation de la qualité de vie, il faut s'adresser en complément à un praticien formé en santé fonctionnelle.
Je ne milite pas forcément pour toujours plus d’analyses, mais pour faire les analyses pertinentes et pour faire d’une lecture globale, cohérente et individualisée du terrain.
C’est précisément là que l’approche naturopathique prend tout son sens et qu'une alliance thérapeutique peut se créer entre le médecin traitant et le naturopathe qui va prendre le temps de faire cette enquête de santé qui va chercher la cause des troubles, surtout s'ils sont chroniques.
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Source (et inspiration !) : l'inestimable compte Instagram du Docteur Saccheti @dr_saccheti, médecin expert en micronutrition et santé des femmes.
Les normes de laboratoire servent avant tout à exclure une pathologie grave.
Elles ne garantissent pas que vos valeurs soient optimales pour votre santé.
On peut être “dans les normes” tout en étant :
La différence entre normal et optimal est essentielle.
Les normes de laboratoire correspondent à une moyenne statistique d’une population.
Les valeurs optimales, elles, correspondent à un niveau associé à :
Une valeur peut être “acceptable” médicalement sans être idéale pour votre terrain.
Non.
La TSH seule ne permet pas d’évaluer correctement la fonction thyroïdienne.
Pour une lecture plus complète, il peut être pertinent d’explorer :
Certaines personnes présentent des symptômes d’hypothyroïdie avec une TSH “dans les normes”. Rien ne remplace le questionnaire approfondi réalisé en séance de bilan pour déceler des signaux qui confirmeraient l'hypothèse d'une thyroïde en souffrance.
Elle est souvent considérée comme normale.
Mais des symptômes peuvent apparaître bien avant le seuil officiel de carence :
Dans une approche fonctionnelle, on observe souvent qu’un taux plus proche de 500 pg/mL est associé à un meilleur confort neurologique.
Un taux à 30 ng/mL est jugé suffisant pour prévenir les troubles osseux sévères.
Mais pour :
on vise souvent une fourchette plus élevée (60–80 ng/mL selon le contexte). Certains de nos voisins européens ont des normes moins "tolérantes" que nous en France.
Oui.
On peut avoir :
La fatigue, la chute de cheveux ou l’intolérance à l’effort peuvent apparaître avant l’anémie.
L'évaluation du fer doit être fait selon plusieurs indicateurs, et non la seule mesure du fer sérique ou même de la ferritine.
Une ferritine élevée (au-delà de 200 µg/L chez la femme, 300 µg/L chez l’homme) nécessite une exploration.
Elle peut être liée à :
Un taux très élevé doit toujours être discuté avec un médecin.
Non.
On peut avoir une glycémie normale et déjà présenter une résistance à l’insuline.
L’indice HOMA (calculé à partir de la glycémie et de l’insulinémie) permet d’identifier une insulinorésistance débutante, souvent associée à :
Seul un médecin peut poser un diagnostic.
Un cortisol mesuré à 8h ne donne qu’une information ponctuelle.
Le cortisol suit un rythme sur 24 heures et son taux matinal doit être le double de celui du soir.
Une évaluation plus pertinente sera faite en deux temps :
Oui.
On parle alors d’inflammation chronique de bas grade.
Elle peut être silencieuse mais contribuer à :
Des marqueurs comme la CRP ultrasensible ou l’homocystéine peuvent orienter l’enquête.
Absolument.
L’intestin joue un rôle central dans :
Des troubles digestifs, une perméabilité intestinale ou un déséquilibre du microbiote peuvent contribuer à un terrain d’épuisement.
Une vitamine B12 limite, une ferritine basse et une TSH “dans la norme” peuvent sembler anodines isolément.
Mais ensemble, elles peuvent dessiner :
L’approche fonctionnelle consiste à relier les points plutôt qu’à analyser chaque valeur séparément.
Non.
L’objectif n’est pas d’accumuler les examens, mais de :
Une enquête de terrain approfondie est souvent aussi importante que la biologie.
Non.
La médecine allopathique est indispensable pour :
poser un diagnostic
traiter les pathologies
gérer les situations aiguës
La naturopathie et la santé fonctionnelle interviennent en complément pour :
optimiser le terrain
prévenir l’évolution vers le chronique
restaurer l’énergie et la vitalité
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