
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
Le ghee, ou beurre clarifié, est une matière grasse obtenue à partir d'une beurre classique après élimination de l’eau, du lactose et des protéines du lait (notamment la caséine).
Traditionnellement utilisé en Inde dans l’alimentation et la médecine ayurvédique - le ghee peut être appliqué sur la peau, et utilisé dans diverses potions ayurvédiques, combiné à des plantes médicinales - il est apprécié pour sa stabilité à la cuisson et sa meilleure tolérance digestive comparée au beurre classique. Et surtout, il est fourni par un animal sacré entre tous là-bas : la vache !
Alors que sa manière première, le beurre, est réputée cancérigène quand elle est utilisée pour la cuisson à haute température, le ghee obtenu après de simples étapes de transformation est une graisse pure, saine, stable et qui conserve un léger goût de noisette.
Faire son ghee soi-même permet, à partir d'un beurre de qualité (idéalement bio, issu de vaches nourries à l’herbe) :
C’est aussi une manière simple de revenir à une transformation alimentaire traditionnelle, autonome et maîtrisée.
❌ N'utilisez pas de beurre salé.
Coupez le beurre en morceaux et le mettre dans une casserole.
Faites chauffer à feu très doux, sans remuer.
Le beurre va fondre doucement et commencer se décanter. L'eau va s’évaporer et le beurre va peu à peu se séparer en trois couches :
Au bout de quelques minutes après que tout le beurre ait fondu, une mousse blanche s'est formée en surface : ce sont les protéines du lait qui remontent. Laissez la casserole sur le feu car le liquide doit encore chauffer une vingtaine de minutes.
👉 À l’aide d’une spatule ou d'une cuillère, retirer délicatement cette mousse pendant que ça continue de chauffer.
Cette étape est importante car elle améliore la pureté du ghee, favorise une meilleure conservation et affine le goût.
Vous aurez encore besoin d'écumer à la fin de la phase de frémissement.
Maintenez un frémissement doux pendant 15 à 25 minutes selon la quantité de beurre fondu. Moi je règle ma plaque sur la position 3 qui correspond à 1/3 de puissance pendant tout le processus. On ne doit pas chercher à obtenir une vraie ébullition, mais simplement à maintenir un feu doux/moyen. On sait qu'on est à la bonne température quand on voit des petites bulles remonter à la surface une fois qu'on a écumé.
Signes que le ghee est prêt :
⚠️ Attention à bien maîtriser la température de chauffe et la durée pour ne pas aller jusqu'à brûler la couche au fond. Si elle devient brun foncé, le ghee prendra un goût plus amer.
Retirez du feu et laissez reposer 2–3 minutes.
Filtrez délicatement le liquide doré dans un bocal préalablement stérilisé (important !). Vous pouvez utiliser une fine passoire, le filtre à café étant peu adapté car il va se boucher très vite. Vous pourrez remplir l'équivalent de 2 pots de confiture si vous avez utilisé 500 g de beurre. Versez lentement. Vous verrez qu'au fond de la casserole reste un dépôt de caséine cuite.
Vous obtenez un liquide doré et translucide : votre ghee est presque prêt.
On peut ajouter une pointe de curcuma ou une épice de son choix après filtration pour obtenir un ghee aromatisé.
Le ghee est liquide quand il est chauffé et devient solide à température ambiante. Toujours utiliser une cuillère ou un couteau propre et sec pour prélever le ghee que vous allez cuisiner.
Conservation du ghee :
À température ambiante (plusieurs semaines) ou au réfrigérateur (plusieurs mois)
Pendant la préparation du ghee, plusieurs phénomènes chimiques se produisent :
Évaporation de l’eau : Le beurre contient environ 15 à 18 % d’eau. Celle-ci s’évapore progressivement.
Séparation des protéines : La caséine et autres protéines coagulent sous l’effet de la chaleur et remontent en surface (mousse) ou se déposent au fond.
Concentration des lipides : Il reste essentiellement des triglycérides stables, riches en acides gras saturés et en petites quantités d’acide butyrique qui a un effet anti-inflammatoire reconnu : en régulant la libération de cytokines pro-inflammatoires, l'acide butyrique aide à atténuer les inflammations intestinales. Il a également un effet immunomodulateur : il favorise un équilibre dans les réponses immunitaires, participant à réduire les risques de maladies auto-immunes et d'infections intestinales.
Développement aromatique léger : Si la cuisson est maîtrisée, une légère note de noisette apparaît sans caramélisation excessive.
L'acide butyrique ayant une odeur proche de celle du parmesan ou du beurre rance. Il est donc possible que vous la sentiez une fois le processus terminé. Soyez rassuré, c'est tout à fait normal, même si vous avez respecté tout le déroulé des différentes étapes.
⚠️ Attention : il faut bien maîtriser la température de chauffe pour ne pas faire brûler la couche du petit lait au fond. Si elle devient brun foncé, la qualité gustative du ghee sera altérée.
Avec un point de fumée d’environ 240–250°C, le ghee supporte bien les cuissons à température élevée sans s’oxyder rapidement.
Le retrait du lactose et de la majorité des protéines le rend plus digeste que le beurre classique.
Il contient également de l’acide butyrique, un acide gras à chaîne courte intéressant pour la muqueuse intestinale.
Dans la tradition indienne, le ghee est considéré comme :
Un bon ghee maison repose sur... la patience ! Et aussi :
✔️ Une chaleur douce
✔️ Un écumage régulier
✔️ Une observation attentive
✔️ Une filtration soigneuse
C’est une préparation simple, traditionnelle et cohérente avec une approche de santé naturelle et préventive. Elle vous permettra de supprimer les effets néfastes induits par la cuisson au beurre, tout en conservant le côté gourmand. Et vu le prix du ghee vendu en boutiques bio, on y gagne aussi côté porte-monnaie !
Partagez cet article à tous les gourmands de bonne et saine cuisine 😉
Le ghee contient très peu, voire pas de lactose, car celui-ci est éliminé avec le petit-lait lors de la clarification.
Cela en fait généralement une matière grasse mieux tolérée par les personnes sensibles au lactose.
En revanche, en cas d’allergie sévère ou intolérance aux protéines de lait, il faudra préférer une margarine 100% végétale.
Pour la cuisson, oui, sans conteste.
Opter pour le ghee plutôt que le beurre pour la cuisson présente certains avantages car :
Sa qualité dépend avant tout de la qualité du beurre utilisé (idéalement bio et issu de vaches nourries à l’herbe). Son goût sera proche de celui du beurre, donc plus gourmant que l'huile pour réaliser des poêlées de légumes ou pour cuire de la viande.
Le beurre cru de qualité reste une "bonne" matière grasse quand on l'utilise non chauffé. Il reste irremplaçable en version salée, juste fondu sur une galette au sarrasin ou sur une pomme de terre vapeur par exemple.
Oui, on peut utiliser du beurre cru, cependant le fait de le chauffer détruit une partie des enzymes qui y sont naturellement présentes.
L’intérêt principal reste donc la qualité des acides gras plutôt que le caractère cru du produit initial.
Le ghee se conserve :
À condition d’utiliser une cuillère ou un couteau propre et sec à chaque fois qu'on en prélève une petite quantité.
Le ghee reste une matière grasse concentrée. Il est donc calorique, comme toutes les graisses.
Les facteurs à prendre en compte sont plutôt la qualité globale de l’alimentation et la quantité de calories consommée par rapport à votre activité.
Consommé avec modération dans une alimentation équilibrée, il peut s’intègrer parfaitement.
Oui absolument.
Son point de fumée élevé (environ 240–250°C) le rend plus adapté aux cuissons à la poêle ou au four, contrairement au beurre classique qui brûle plus rapidement (son point de fumée est à environ 150–175°C). Il est aussi plus élevé que celui de l'huile de coco (~177 °C) et de l'huile d’olive extra vierge (190–207 °C).
Ce dont il faut se méfier en cuisine, c'est du brunissement des protéines (réaction de Maillard) qui survient lors des cuissons excessives, notamment des viandes.
Même si le ghee est moins susceptible de produire des composés irritants pendant la cuisson, il faut adopter une alimentation et des modes de cuisson variés pour ne pas accumuler des composés d'oxydation qui seront toxiques à la longue s'ils sont consommés trop régulièrement en quantité.
Le ghee contient de l’acide butyrique, un acide gras à chaîne courte intéressant pour la muqueuse intestinale.
Cependant, l'alimentation anti inflammatoire dépend du contexte au global :
Il ne sera intéressant que dans le cadre d'une approche nutritionnelle complète.
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