
Alicia Beckelynck
Naturopathe et respithérapeute
Maintenir un bon équilibre acido-basique est l’un des piliers les plus importants pour préserver sa vitalité, réduire l’inflammation et renforcer son terrain. Pourtant, la plupart des personnes ignorent comment leur alimentation, leur mode de vie ou même leur respiration influencent directement l’acidification du corps. Dans cet article, je vous propose de voir comment alcaliniser son organisme naturellement, grâce à des conseils concrets issus de la naturopathie : choix alimentaires, méthodes respiratoires, habitudes quotidiennes, mais aussi une compréhension simple du rôle du pH dans le corps.
Si vous cherchez à réduire l’acidose, augmenter votre énergie et adopter une hygiène alimentaire plus saine, ce guide pourra vous donner les premières pistes.
Dans les approches naturopathiques et hygiénistes, on dit souvent qu’il « n’existe qu’une seule maladie : la toxémie ». Celle-ci serait principalement liée à une acidose chronique, c’est-à-dire une tendance du corps à accumuler des acides.
L’organisme doit absolument maintenir un pH sanguin stable autour de 7,4, légèrement alcalin.
Une variation au-delà de ±0,1 est déjà significative, et une variation plus forte est dangereuse et peut mettre la vie en jeu. De 0 à 7, le milieu est acide ; de 7 à 14, basique. Mais comme c'est une échelle logarithmique, quand on passe de 2 à 3, on multiplie, et pour passer de 3 à 4, on re-multiplie. Donc chaque pas représente un changement énorme, pas seulement un petit “+1”.
Même dans un mode de vie acidifiant, le pH sanguin reste stable, au prix d’efforts importants des reins / poumons / réserves minérales. Le corps mobilise de nombreux "systèmes tampons" pour l’éviter. Outre le système bicarbonate/acide carbonique (HCO₃⁻ / H₂CO₃), principal tampon du sang, il sollicite :
En naturopathie, on va donc travailler davantage sur la surcharge acide des tissus (acidose métabolique tissulaire), car si le pH sanguin, lui, arrive à rester stable grâce aux mécanismes vitaux, ce sont surtout le pH urinaire, les réserves minérales et la charge acide déposée sur les reins qui vont varier selon notre mode de vie, notre respiration et notre alimentation.
Pour évaluer l’impact d’un aliment sur l’équilibre acido-basique, on utilise notamment l’indice PRAL (Potential Renal Acid Load).
Cet indice mesure la charge acide ou alcaline que l’aliment laisse aux reins après digestion.
Trois notions sont importantes à différencier :
Contradiction apparente : un aliment peut être acide au goût tout en étant alcalinisant après ingestion (comme le citron ou de nombreux fruits mûrs).
Les aliments riches en potassium, calcium et magnésium sont les champions de l’alcalinisation. Parmi eux :
Peu d’oléagineux le sont :
Ils ne sont pas « mauvais » en soi, mais consommés en excès, ils saturent les reins et les tissus :
Une alimentation moderne, pauvre en végétaux et riche en produits industriels, favorise les maladies de civilisation : troubles métaboliques, inflammations chroniques, problèmes neurodégénératifs, etc.
Mixer :
Avec une petite poignée d’amandes au préalable trempées toute la nuit ou une cuillère à soupe de purée d'amandes blanches.
En comparaison à l’alimentation, la respiration est invisible et automatique : c'est la raison pour laquelle on sous-estime son importance. Pourtant, elle assure l’élimination d’une grande partie des acides volatils, notamment le CO₂, qui est un déchet métabolique acidifiant.
Dans les années 80, le biologiste Désiré Mérien a notamment codifié une méthode appelée bio-respiration, en observant les effets physiologiques surprenants de respirations profondes réalisées pendant les jeûnes.
La recherche moderne regroupe ces techniques sous l’appellation Breathwork, documentée scientifiquement (effets sur l’inflammation, le système nerveux, la récupération, etc.).
Par contre, je ne cautionne pas toutes les techniques de la mouvance Breathwork qui sont trop éprouvantes et ne sont pas sans risques. Il faut être accompagné par un thérapeute formé en techniques respiratoires et qui prendra en compte votre condition physique et votre histoire de vie.
La respiration contrôlée profonde :
❶ Limiter les sources d’acidification
Stress, manque de sommeil, aliments transformés, alcool, café, excès de protéines animales…
❷ Renforcer les apports alcalins
Fruits et légumes de saison, cuissons douces, minéraux, hydratation.
❸ Rééduquer sa respiration
Intégrer des respirations conscientes, profondes, régulières. La respiration une méthode rapide pour rééquilibrer le terrain.
_________________________________________________________________
Parmi les signes souvent associés à un terrain acidifié : fatigue chronique, insuffisance rénale, crampes musculaires, douleurs articulaires, troubles digestifs, problèmes respiratoires, peau sèche, sensibilité accrue au stress, sommeil perturbé ou inflammations récurrentes.
Les fruits mûrs (figues, raisins, pommes, kakis), les légumes verts (épinards, blettes, céleri), le concombre, les herbes fraîches et certains oléagineux comme l’amande trempée font partie des aliments les plus alcalinisants.
Non. Le citron est acide dans la bouche mais sa métabolisation a un effet alcalinisant. Ce qu'il faut prendre en compte pour juger de l'acidification, c’est la charge acide (indice PRAL) laissée après digestion, et non la saveur.
Oui tout à fait. Le sang contient du dioxyde de carbone (CO₂), produit par le métabolisme des cellules : ce CO₂ se dissout dans le sang et forme de l’acide carbonique (H₂CO₃), qui se dissocie en ions H⁺ (acides) et bicarbonate (HCO₃⁻).
Plus il y a de CO₂ dans le sang, plus la concentration en H⁺ augmente → le pH baisse (le sang devient plus acide).
À l’inverse, quand on respire plus profondément et qu'on allonge l'expiration, on expulse plus de CO₂ des poumons → cela diminue la quantité de CO₂ dissous dans le sang, donc d’acide carbonique → moins de H⁺ libres → le pH sanguin remonte (baisse de l’acidité).
En résumé, la respiration agit comme un “libérateur des déchets acidifiants” — en éliminant le CO₂, elle empêche la formation excessive d’acide dans le sang, ce qui a un effet alcalinisant.
On recommande d’augmenter la part de végétaux frais, crudités, légumes cuits doucement, fruits de saison et acides gras de bonne qualité, tout en réduisant la viande rouge, les produits transformés, le sucre, l’alcool et les cuissons trop fortes.
Oui. Le stress augmente les hormones de vigilance et active des processus métaboliques générant des acides.
En effet, lors d’un stress prolongé, l’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (H-H-S) s’active : il peut entraîner une libération accrue de Cortisol, souvent appelée “hormone du stress”. Cette hormone produite à des niveaux élevés en continu favorise certains processus (gluconéogenèse, libération d’acides…) ou des pertes minérales, ce qui peut venir perturber l’équilibre acido-basique.
Le stress chronique contribue aux pertes en minéraux essentiels (notamment le magnésium) et peut également entraîner des modifications du comportement : troubles du sommeil, respiration altérée (plus superficielle, irrégulière), sédentarité ou alimentation déséquilibrée — et tous ces facteurs peuvent favoriser l'acidification du terrain.
Un mode de vie équilibré, un sommeil réparateur et des exercices de respiration contrôlée peuvent aider à rétablir l’homéostasie.
Le trempage neutralise les facteurs antinutritionnels (lectines), active le germe et modifie la composition de la graine, ce qui améliore l’assimilation et réduit l’effet acidifiant. Les faire tremper minimum 4h dans l’eau permet de les monder (peler) facilement. C’est dans leur peau qu’il y a des lectines. Pensez aussi à consommer de la purée d’amandes blanches plutôt que de la purée d'amandes complète.
Racines de santé Naturopathie ©2026